LA PROBLEMATIQUE DE LA VULNERABILITE AU NIVEAU DES JEUNES AFRICAINS

La situation des jeunes est complexe, sérieuse et d’actualité. Elle résulte de la combinaison de plusieurs facteurs parmi lesquels trois sont particulièrement lourds de conséquence s’ils ne sont pas immédiatement pris en considération.
Le premier de ces facteurs concerne le nombre significatif des cas concernés. En effet, selon les statistiques de l’UNESCO, plus de 43% de la population mondiale actuelle est composée de jeunes âgés de moins de 25 ans. Les 15-24 ans se dénombrent, eux seuls, à plus de 1,2 milliards d’individus et, parmi eux, 87 % vivent dans les pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne. Selon, en effet, le rapport EPT 2012, les africains âgés de moins de 25 ans représentent les deux tiers de la population du continent.

La deuxième caractéristique de cette frange de la population est sa situation de vulnérabilité. Un faisceau de facteurs s’imbriquent, se conjuguent et se sustentent les uns les autres pour créer et entretenir une telle vulnérabilité. Au compte de ceux-ci il y a les préjugés liés au genre ainsi qu’aux appartenances ethniques et raciales ; il y a aussi les difficiles conditions socioéconomiques dans lesquelles les jeunes évoluent au sein de leurs familles et de leurs communautés, les difficultés associées à leurs lieux de résidence (quartiers périurbains insalubres, zones rurales isolées, etc.), la nature précaire des activités économiques exercées (groupes nomades, petits métiers, etc.), l’instabilité dans laquelle ils évoluent notamment dans les zones de conflits et/ou de tensions politiques majeures, etc.) ; A ceci s’ajoutent, dans certains cas, des calamités naturelles qui affectent particulièrement les couches de population pauvres, particulièrement les jeunes. D’autres fois, la vulnérabilité est simplement liée aux conditions spécifiques des individus (handicaps physiques et mentaux, réclusions, populations carcérales, etc.).

Ces deux caractéristiques sont exacerbées par une troisième, liée au niveau d’éducation et de formation. En effet, la plupart des jeunes en question sont déscolarisés et non-scolarisés. Le cas est particulièrement notoire en Afrique subsaharienne. Par exemple, les non scolarisés de 15 à 24 ans représenteraient entre 60 et 69% dans la sous-région. Selon les données de l’USAID, les non-scolarisés de 15 à 24 ans représentent 74,6% au Mali et 74,3% au Sénégal, avec des niveaux très limités en lecture, calcul et écriture. S’y ajoutent, dans la plupart des cas, de sérieuses limitations en compétences de vie et en habiletés techniques spécifiques pour accéder à une formation technique sérieuse, un emploi correct ou à une activité décente.

Il y a clairement ici un domaine qui mérite que les décideurs conjuguent leurs efforts, identifient des solutions qui marchent et les mettent en œuvre. Malheureusement il n’y a pas actuellement de mécanismes régionaux qui permettraient de renforcer les capacités politiques, d’assurer le suivi des mises en œuvre, de disséminer les bonnes pratiques, et de partager les connaissances en programmation pour ces jeunes vulnérables déscolarisés ou non scolarisés. C’est pourquoi le Forum de Bamako a recommandé de créer et d’entretenir un réseau africain en matière de politiques et pratiques destinées à promouvoir le développement des compétences des jeunes vulnérables.

 

SIGNIFICATION DU TERME ZANKEY FABA

A l’issue de la concertation pour la validation du nom officiel du réseau africain des jeunes vulnérables, le Groupe de travail de l’éducation non formelle a retenu « Zankey Faba ». En langue Sonrhaï « Zankey » veut dire « jeune » et « faba » se traduit par « aide, secours ou assistance », d’où « zankeyfaba » : Appui au jeune. Le choix porté sur « zankeyfaba », répond au double souci de garder un nom dans une des langues africaines et d’éviter la mauvaise connotation que revêt l’appellation de « jeune vulnérable ».

Par ailleurs, la langue Sonrhaï est parlée dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, Niger, Benin, Burkina Faso, Ghana et Nigeria. En outre, il existe de fortes similarités entre « Zankey » ou « faba » et des notions que nous retrouvons dans plusieurs langues et dialectes africaines. Ainsi par exemple « Zanké » en Jula veut dire « famille » et « faba » existe en peulh, mooré ou gourmantchema etc. et veut dire « aide, secours, assistance ».

 

PRESENTATION DU RESEAU

Le Réseau virtuel africain pour les jeunes vulnérables « ZANKEY FABA » est un outil d’information et de communication visant à partager les meilleures pratiques en matière de développement des compétences de base nécessaires à une meilleure intégration sociale et professionnelle des jeunes africains déscolarisés et non scolarisés qui se sont retrouvés en situation de vulnérabilité. Dans plusieurs langues parlées de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Niger, au Benin, au Burkina Faso, au Ghana et au Nigeria, l’expression Zankey Faba se rapporte à à l’attention particulière à porter aux jeunes. Son choix répond au double souci de marquer l’africanité de la démarche et de se focaliser sur le grand défi que pose la jeunesse du continent.

Le Réseau s’adresse aux décideurs politiques, aux opérateurs et aux associations de jeunes.

Il vise à leur faciliter les prises de décisions informées en faveur de la frange d’adolescents/tes de 10-14 ans et des jeunes de 15-24 ans qui n’ont pas toutes les compétences nécessaires pour être fonctionnels au niveau des communautés de base et du monde du travail Il porte une attention particulière aux politiques et pratiques concernant l’alphabétisation, les compétences de la vie courante et les habiletés techniques spécifiques. C’est un portail développé sur le site web du Groupe de travail sur l’éducation non formelle (GTENF) de l’ADEA. D’autres canaux comme les bulletins d’information et les courriels seront cependant utilisés dans la mesure des disponibilités et des moyens.

 

OBJECTIFS

Le réseau Zankey Faba vise plusieurs objectifs.

Les objectifs globaux

Les objectifs globaux sont :

  • Renforcer les capacités des gouvernements africains, de la société civile et des organisations des jeunes à faciliter l’autonomisation des adolescents/tes et des jeunes vulnérables ainsi que leur intégration sociale et économique.
  • Animer un réseau d’échanges entre pays africains et entre ces pays et leurs partenaires en vue de renforcer les politiques et les pratiques qui ciblent ces jeunes vulnérables.

Les Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques sont :

  • partager les meilleures pratiques sur des expériences en matière de formation, d’alphabétisation des jeunes vulnérables en Afrique.
  • accompagner les porteurs de projets novateurs en matière de jeunes vulnérables afin que ces derniers trouvent du financement.
  • expérimenter les nouvelles méthodes de financement participatifs pour soutenir les initiatives de jeunes vulnérables.
  • servir d’espace pour la dissémination des travaux de recherche en matière de jeunes vulnérables.
  • Être le porte voix numérique des associations de jeunes vulnérables sur la toile (surtout pour celles ne possédant pas de sites webs).

 

FONCTIONNEMENT

Le réseau Zankey Faba est une initiative du Groupe National de Travail sur l’Education Non Formelle (GNTENF) de l’ADEA.
Au sein du GNTENF, un coordonnateur assure la gestion quotidienne du réseau. il est accompagné par un responsable chargé de contenus et une autre personne pour les traductions.

Dans chaque pays, un point focal assure la coordination du réseau.

Les pays impliqués pour le moment sont :

  • Burkina Faso
  • Ghana
  • Kenya
  • Mali
  • Nigeria
  • Niger
  • Sénégal

Des démarches sont entreprises pour élargir le réseau aux autres pays africains.

 

EFFETS ESCOMPTES DU RESEAU

Il s’agit, à terme, de contribuer à une meilleure insertion des jeunes africains vulnérables dans leurs tissus économiques et leurs environnements sociaux respectifs.

Pour ce faire, les politiques et les pratiques qui s’intéressent aux jeunes vulnérables seront mutualisées à travers un réseau fonctionnel et dynamique.

Il est espéré à terme que ceci conduise à une meilleure prise en compte de cette frange importante de la population dans les politiques éducatives et de formation tant des gouvernements africains que des opérateurs privés et des structures de la société civile qui s’intéressent à ces jeunes. Ceci permettrait également de mettre en place des programmes qui répondent mieux aux besoins de cette frange de la population.

 

ACTIVITES

  • L’animation de la plateforme virtuelle d’échanges entre décideurs, opérateurs et organisations de jeunes.
  • Développement de notes thématiques sur les politiques et les bonnes pratiques ;
  • Discussions en ligne sur la thématique des jeunes vulnérables
  • Documentation et partage des bonnes pratiques en vue de leur réinvestissement dans les politiques et les réseaux ;
  • Suivi et documentation de plans d’action nationaux dans les pays ;
  • Mobilisation de partenaires financiers et les pays autour de l’initiative.